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Protocole 02

Traitement de l’incurie et remise en état d’un logement insalubre

Reprendre un logement dégradé par l'accumulation et l'absence d'entretien, jusqu'à un état sain et habitable.

PROTOCOLE 02INCURIE
Objet
Remise en état sanitaire du logement
Durée
2 à 8 jours
Équipe
2 à 5 personnes en EPI complet
Sortie
Logement sain, odeurs traitées
Étapes
Débarras · Lavage · Décontamination · Contrôle

L'incurie décrit une situation, pas une personne. Un logement peut se dégrader parce que l'occupant a perdu la capacité physique de l'entretenir, parce qu'un deuil a tout arrêté, ou parce qu'une maladie s'installe sans que l'entourage le voie. Notre travail commence là où celui des services sociaux et des soignants s'arrête : sur le bâti.

Une remise en état va plus loin qu'un nettoyage. Quand un sol a absorbé des liquides pendant des mois, le revêtement se dépose. Quand une odeur est fixée dans le plâtre, il faut traiter le support, pas parfumer la pièce. Nous disons clairement, après le repérage, ce qui se nettoie et ce qui devra être remplacé.

Nous ne portons aucun jugement sur ce que nous trouvons, et nous n'en parlons à personne d'autre qu'à notre donneur d'ordre. C'est la seule position tenable dans ce métier.

Ce que comprend l’intervention

  • Diagnostic des supports : sols, murs, plafonds, menuiseries
  • Retrait des revêtements irrécupérables (moquettes, sols souples imprégnés)
  • Nettoyage en profondeur des surfaces, sanitaires et cuisine
  • Désinfection virucide et bactéricide des zones à risque
  • Traitement de l'odeur à la source, puis désodorisation
  • Point de situation écrit remis au donneur d’ordre

Ce qu’elle ne comprend pas

  • Le diagnostic médical ou social de la situation de l’occupant
  • La réfection des peintures, sols et réseaux — nous intervenons avant les travaux
  • L'établissement d'un rapport d'expertise opposable à un tiers

Repères

Les signes qui indiquent ce protocole

Aucun n’est un diagnostic. Ce sont les constats concrets qui, en pratique, amènent à engager cette intervention plutôt qu’une autre.

  • Une odeur persiste après aération complète du logement.
  • Le revêtement de sol est taché en profondeur ou décollé par endroits.
  • Les sanitaires ou la cuisine ne sont plus utilisables.
  • Des traces d’humidité ou de moisissure s’étendent sur les murs.
  • Le voisinage ou le syndic a déjà signalé la situation.

À ne pas tenter soi-même

Mélanger des produits ménagers

Javel et détartrant, javel et ammoniaque : les combinaisons courantes dégagent des gaz irritants voire toxiques, d’autant plus dangereux dans un logement mal ventilé. C’est un accident domestique classique dans ces situations.

Nettoyer sans protection respiratoire

L’air d’un logement longtemps fermé et dégradé est chargé de poussières, de spores et parfois de déjections de nuisibles. Un masque de bricolage ne filtre pas ce qu’il faut filtrer.

Repeindre par-dessus

Peindre un mur qui a fixé une odeur la masque quelques semaines. Le support doit être traité avant, faute de quoi il faudra refaire la peinture après le vrai traitement.

Déroulé

À quoi ressemble concrètement le chantier

Dans cet ordre, et sans étape escamotée. Vous savez à chaque moment où en est le logement.

  1. 01

    Avant le chantier

    Diagnostic des supports : sols, murs, plafonds, menuiseries. C’est à ce moment que se décide ce qui se nettoie et ce qui devra être déposé. Vous le savez avant que le chantier commence, pas à la fin.

  2. 02

    Phase 1 — dégagement

    Retrait de ce qui encombre, puis dépose des revêtements irrécupérables : moquettes, sols souples imprégnés, literie. Un support imprégné ne se nettoie pas, il se remplace.

  3. 03

    Phase 2 — lavage

    Nettoyage en profondeur de toutes les surfaces, sanitaires et cuisine compris. C’est l’étape la plus longue et la moins spectaculaire ; elle conditionne l’efficacité de la suivante.

  4. 04

    Phase 3 — décontamination

    Désinfection virucide et bactéricide des zones à risque, traitement de l’odeur à la source, puis contrôle après fermeture. Un point de situation écrit est remis au donneur d’ordre.

Contraintes

Ce qui change à Paris

Ces trois points modifient la durée, la méthode et le prix. Ils sont propres au parc parisien ancien.

Arrêtés et procédures en cours

Un logement peut faire l'objet d'une procédure engagée par la Ville, l'ARS ou le syndic. Nous intervenons sur le bâti, jamais sur la procédure : nous fournissons les éléments factuels de notre intervention, sans nous prononcer sur le droit. Pour la procédure elle-même, l'interlocuteur est le service concerné ou un avocat.

Colonnes techniques partagées

Dans un immeuble ancien, les canalisations, les gaines et les vide-ordures sont communs. Une infestation ou une odeur ne s'arrête pas au lot privatif. Nous signalons au syndic ce qui relève des parties communes, sans jamais y intervenir sans mandat.

Coordination sociale

Quand l'occupant est présent et vulnérable, l'intervention se prépare avec le CCAS de l'arrondissement, le service social de secteur ou le mandataire. Nous ne forçons jamais un accès et nous n'entrons pas contre la volonté d'une personne chez elle.

Questions

À propos de ce protocole

Le nettoyage retire ce qui se retire. La remise en état va jusqu'au support : dépose d'un sol imprégné, traitement d'un mur qui a fixé une odeur, désinfection complète. Après un épisode long d'incurie, le nettoyage seul ne suffit presque jamais.

Signalez la situation au syndic ou au bailleur, puis au CCAS de l'arrondissement, qui peut engager une évaluation sociale. En cas de risque sanitaire pour l'immeuble, le Service technique de l'habitat de la Ville de Paris peut être saisi. Une entreprise de nettoyage n'intervient jamais sans accord de l'occupant ou décision opposable.

Souvent oui, quand la personne le souhaite et que la situation le permet. Certains occupants préfèrent rester, d'autres partent le temps du chantier. Les deux fonctionnent. Nous adaptons le rythme et le nombre d'intervenants à ce que la personne peut supporter.